Observation des segments corporels

Nous avons envisagé la dernière fois une façon d ‘organiser ses segments corporels et de les connecter entre eux pour améliorer les flexions avant d’une façon générale en prenant comme exemple Paschimottanasana , la pince en position assise.

Le placement des membres supérieurs est primordial pour la bonne conduite de la posture : ils peuvent aider ou considérablement nuire. Il est très facile de s’en rendre compte.

Si vous prenez comme point de départ la position assise adaptée à vos possibilités actuelles (donc les genoux plus ou moins fléchis et/ou un petit bloc sous les ischions) si vous levez les bras à la verticale comme on le voit souvent, le fait de vouloir vous penchez en avant va vous faire arrondir le bas du dos à moins d’ avoir un très bon dos et de pouvoir malgré cette position garder une ligne d ‘extension harmonieuse à concavité postérieure de la pointe des ischions à l ‘extrémité des doigts de main. Très peu de gens peuvent faire cela, dans 99% des cas on voit les bras aller plus vite que le tronc entraînant la mise en place d’une voussure postérieure qui va tout à fait à l opposé de la recherche du contact ventre cuisse.

Si, par contre, vous placez vos mains derrière votre dos il est facile de sentir que cela vous aide à optimiser votre élan vertébral. Il y a bien sûr plusieurs façons de faire.

Les mains peuvent être placées au sol, dos des mains au sol et sur les inspires vous vous en servez comme un point fixe qui envoie de la force vers vos épaules (on pousse dans les mains comme si on les reculait) et donc vous aide à grandir et ouvrir la ceinture scapulaire. Sur l’expire suivante, en gardant cette petite extension supplémentaire on va vers fermer l ‘angle entre cuisses et abdomen et alors on fait comme si on voulait soulever les bras contre résistance. Le mot important est « comme si » car si on les soulève il ne se passe plus rien ou presque. De respiration en respiration on gagne peu à peu du terrain jusqu’à sentir son ventre et même ses basses côtes en contact avec les cuisses. Notons d ‘ailleurs que cette dynamique posturale aide le souffle à s ‘allonger ce qui est très bénéfique et nous situe au cœur de la pratique. On peut alors amener ses mains sur les chevilles ou les plantes des pieds ou placer la ligature entre les pouces de pied et les index des mains et continuer à aller vers la posture sans relâcher du tout le contact ventre –cuisse.

Si les épaules le permettent on peut joindre les mains en arrière du dos, entrecroiser les doigts et pointer les index. Sur les inspires on grandit en étirant les mains vers le sol ce qui ouvre encore mieux la ceinture scapulaire et sur les expires on fait « comme si » on voulait lever les bras contre résistance. En coordination avec le recul du cou cette intention sans mouvement réel des bras permet de conforter le contact ventre cuisse. C ‘est en plus très bon pour le haut du dos et les épaules si elles peuvent le faire.
De la même façon après quelques respirations, quand on sentira la fermeté du contact ventre cuisse bien en place on amènera les mains sur l ‘avant comme précédemment.

Observez bien qu’il se passe la même chose au début de la salutation au soleil quant on passe de la position debout étirée avec les bras levés et que l’on va vers uttanasana. Très peu de gens peuvent faire cela correctement et il est bien préférable de fléchir en gardant les bras dans le plan du dos ce qui permet d ‘arriver vers uttanasana sans avoir perdu l ‘extension (en tous cas beaucoup moins) quitte à fléchir un peu pendant un instant les genoux puis d ‘aller vers les retendre. Le rôle de la demie posture qui suit est d ‘ailleurs avant tout de récupérer de l ‘extension.

Bonne observation, bonne pratique.

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