LA COLONNE VERTÉBRALE

PREMIÈRE PARTIE : OS et LIGAMENTS

La colonne vertébrale est l’élément osseux qui structure le tronc.

A/ la fonction

 Elle participe à la statique et elle permet les mouvements du tronc et de la tête qui sont de plusieurs types

  • la flexion-extension dans l’axe avant arrière dont l’amplitude possible est très grande environ 250 ° dont 110 en flexion et 140 en extension
  • la flexion latérale dans l’axe droit gauche dont l’amplitude est d’environ 75°de chaque côté
  • la rotation évaluée à environ 90° de chaque coté
  • d’autres mouvements sont présents
    • mouvements de translation, minimes d’une vertèbre à l’autre mais ils peuvent s’additionner dans le plan frontal ou sagittal comme dans la danse indienne.
    • Mouvements d’auto-grandissement dans l’axe vertical, la colonne peut légèrement s’allonger ou se tasser.

    En fait tous ces mouvements se combinent entre eux à tous moments.

B/aspect de la colonne

  C’est un ensemble solide et souple formé de trente trois éléments, les vertèbres. Chaque élément est constamment en complète relation avec les autres ce qui permet des adaptations dynamiques dans chaque situation. Elle est située à la partie postéro médiane du tronc entre le crâne et le bassin. Sur elle s’appuie le thorax, les bras et différents viscères. Le canal rachidien formé par l’ensemble des vertèbres abrite la moelle épinière, constituant important du système nerveux central.

En position debout elle transmet au bassin les forces du haut, c’est-à-dire le poids du tronc, des bras et de le tête .Elle transmet de façon complémentaire à ces régions les forces du bas c’est-à-dire la force identique, en miroir de l’attraction terrestre. La cinquième vertèbre lombaire est au centre de ces échanges. Sur elle repose toute la colonne. Cette vertèbre repose sur le sacrum et les mouvements de la colonne et du bassin sont indissociables .

Vue de profil la colonne vertébrale montre plusieurs courbures ce qui lui donne beaucoup plus de solidité que s’il s’agissait d’une tige droite.

Les régions convexes en arrière se nomment cyphose, celles concaves en arrière lordose.

On lui décrit quatre grandes régions de bas en haut :

La région sacro-coccygienne

La région lombaire faite de cinq vertèbres

La région dorsale faite de douze vertèbres

La région cervicale faite de sept vertèbres

Les régions lombaires et cervicales sont en lordose, les  régions dorsale et sacrée en cyphose. En position debout il existe normalement un alignement entre la partie postérieure du crâne, de la colonne dorsale et des fesses.

Vue de face normalement la colonne est rectiligne.

Le volume des vertèbres diminue de la région lombaire à la région cervicale comme le poids qu’elles supportent. Dans la partie basse les qualités statiques dominent, dans la partie haute les qualités dynamiques. Les parties les plus fragiles sont d’une part les apex des lordoses (C6 et L3) et les zone de transition (C7-D1, D11-D12,L1,L5S1).

C/la vertèbre et le disque intervertébral.

Toutes les vertèbres sont construites sur un  même modèle et réunies les unes aux autres par un disque intervertébral fibro-cartilagineux.

1/ la vertèbre

Elle comporte deux parties principales le corps vertébral en avant et l’arc postérieur en arrière.

Le corps est la partie massive de la vertèbre, il est quasiment de forme cylindrique.

L’arc s’implante sur la partie postérieure du corps vertébral par les pédicules dirigés d’avant en arrière et réunis à leur partie postérieure par les lames qui se rejoignent sur la ligne médiane. Ces formations délimitent donc le trou vertébral où passe la moelle. Sur la partie postérieure des pédicules se trouvent les apophyses articulaires inférieures et supérieures permettant une articulation avec les vertèbres sous et sus jacentes. Au point médian de jonction postérieure des lames se trouve l’apophyse épineuse médiane dirigée en bas et en arrière. Au niveau des apophyses articulaires s’implantent les apophyses transverses dirigées en dehors et en arrière, d’un étage à l’autre elles délimitent les trous de conjugaison.

Elles sont articulées entre elles

-par les corps vertébraux

-par les apophyses articulaires

Elles forment ainsi trois colonnes. L’une antérieure formée par les corps vertébraux qui joue un rôle essentiellement statique et deux petites latéro-postérieures des apophyses articulaires de l’arc postérieur qui jouent un rôle dynamique.

Chacune des vertèbres joue ainsi un rôle d’amortisseur des forces reçues sur la colonne « amortissement direct et passif au niveau du disque intervertébral, amortissement indirect et actif au niveau des muscles des gouttières vertébrales » (kapandji)

2/ le disque intervertébral

Il est formé de deux parties

 L’une centrale molle ou  noyau gélatineux contient 88% d’eau

 L’autre  périphérique ou anneau fibreux est constitué d’une succession de couches fibreuses concentriques, un peu comme un oignon. Les fibres sont obliques et d’une couche à l’autre elles se croisent. Plus on se rapproche du centre, plus elles sont horizontales. Plus on va vers la périphérie plus elles sont verticales.

Le noyau se trouve ainsi situé dans un logement inextensible entre les fibres de l’anneau et les corps vertébraux sus et sous jacents. Il est comme une bille entre deux plateaux d’où les nombreux mouvements possibles (flexion-extension, inclinaison latérale, rotation et même glissement parfois).

Le disque joue le rôle d’amortisseur des forces que doit supporter la vertèbre. Les forces les plus grandes sont celles qui interviennent dans l’effort de redressement. Elles sont bien sur majorées lorsqu’il s’agit de soulever des charges. Le disque répartit les pressions horizontalement sur la vertèbre. Il peut diminuer d’épaisseur en charge et revenir à son volume normal au repos en quelques secondes. L’eau du noyau migre alors vers le corps vertébral à travers les surfaces cartilagineuses. Au repos allongé l’osmose se fait en sens inverse et l’eau réintègre le noyau tant qu’il est bien fonctionnel. Dans son logement le noyau est sous tension dans un état de précontrainte. A chaque mouvement quelque soit sa direction, il se produit une sorte de renvoi automatique du noyau vers son état originel sous l’action des fibres de l’anneau fibreux.

Lors des mouvements (KP 41)

  • dans les mouvements dans l’axe, la colonne peut se tasser ou s’étirer et le noyau s’aplatir ou se dé-tasser verticalement.
  • Dans les mouvements asymétriques

  *en flexion : la vertèbre supérieure bascule un peu en avant, le disque, un peu comprimé en avant, pend une forme de coin, le noyau migre vers l’arrière là où il y a le plus de place.

  * en extension : la vertèbre supérieure bascule un peu an arrière, le disque se tasse un peu vers l’arrière, et le noyau migre vers l’avant.

   * en flexion latérale : le disque diminue d’épaisseur du coté concave et le noyau migre du cote de la convexité

    * en torsion axiale : l’obliquité des fibres alternant d’une couche sur l’autre seules les couches du coté duquel se fait la torsion entrent en tension, les autres sont au repos. Plus on se rapproche du centre plus la tension est intense du fait de la verticalisation des fibres ; le noyau est alors comprimé.

Des lésions peuvent apparaître quand le système est mal utilisé ou qu’il vieillit ;

Il peut être mal utilisé du fait de microtraumatismes répétés ou de mouvements en charge brusques. L’anneau fibreux alors se fissure et le liquide du noyau migre dans ces fissures. Le jeu action-réaction entre le noyau et l’anneau fibreux se fait moins bien et peu à peu le disque ainsi lésé se déforme et s’aplatit.

C/ les ligaments vertébraux.

 Le système ligamentaire protége les vertèbres et les relie entre elles. Il en existe deux grands groupes.

  • les ligaments communs au nombre de trois

Le ligament vertébral commun antérieur en avant des corps et des disques.

Le ligament vertébral commun postérieur à l’arrière des corps et disques vertébraux tapisse donc la partie antérieure du canal rachidien.

Le ligament sur-épineux à l’arrière des apophyses épineuses.

  • les ligaments d’étage à étage dont il existe quatre modèles.

 Entre deux lames se trouve le ligament jaune, ils se réunissent sur la ligne médiane

 Entre les apophyses  épineuses se trouve le ligament inter épineux

 Entre les apophyses transverses le ligament inter-transversaire

Renforçant la capsule des articulations des apophyses articulaires se trouve le ligament inter-apophysaire

Ce système ligamentaire assure  à la fois une grande solidité  à l’ensemble de la colonne tout en lui laissant de l’élasticité.

LA COLONNE, RÉGION PAR RÉGION

1/ la région sacro-coccygienne

Le sacrum :

C’est un os médian et postérieur, situé entre les 2 os iliaques. Il est de forme triangulaire. Il est constitué par la fusion des 5 vertèbres sacrées.

        -Sa face antérieure est concave. Au centre on reconnaît la forme des corps vertébraux, séparés par des crêtes horizontales représentant les disques. La partie la plus haute fait saillie dans le bassin, c’est le promontoire. Latéralement, on retrouve les trous sacrés antérieurs prolongés en dehors par les rainures. De là sortent les branches antérieures des nerfs sacrés.

VUE ANTÉRIEURE DU SACRUM

        –La face supérieure présente au centre, le plateau sacré, face supérieure de la première vertèbre sacrée. Sur ce plateau repose le disque  L5-S1 et la 5éme vertèbre lombaire.

          En arrière du plateau sacré, le canal sacré fait suite au canal rachidien. Latéralement se trouvent les ailerons sacrés.

        –La face postérieure est convexe. De la ligne médiane vers le dehors, on trouve de chaque côté : la crête sacrée, la gouttière sacrée, les tubercules postérieurs et internes, les trous sacrés postérieurs et internes, par où sortent les branches postérieures des nerfs sacrés, les tubercules sacrés postérieurs et externes.

        –La face externe  est d’aspect triangulaire. On y retrouve une surface articulaire avec les os iliaques,  en forme de croissant un peu concave : la facette auriculaire.

Le coccyx :

C’est un petit os triangulaire représentant la fusion de 3 à 5 vertèbres, moins reconnaissables que celle du sacrum. Le coccyx est articulé avec le sacrum par une surface de forme ovale.

2/ la région lombaire

Située au dessus du sacrum.

    Elle forme une véritable tige, convexe en avant, entre le bassin et le thorax.

Aspect :

 Les cinq vertèbres qui la composent ont des corps vertébraux de plus en plus gros de L1 à L5 (6-7 cm de large au niveau de L1 pour 8-10 au niveau de L5). Elles forment une lordose dont le sommet (apex) est au niveau de L3-L4 ; le sommet des crêtes iliaques est au niveau de L4-L5, le nombril est au niveau de L3. L4 et L5 ont un aspect cunéiforme, elles sont moins hautes à l’avant qu’à l’arrière. Pour favoriser le bon emboîtement dans cette région destinée à « porter » le poids du corps tout en restant très mobile, le plateau supérieur de la vertèbre a une forme de cylindre creux, le plateau inférieur une forme de cylindre plein.

Les disques sont épais dans cette région et le disque L5-S1  a lui aussi un aspect cunéiforme

Les apophyses épineuses et transverses sont longues et puissantes, les transverses sont des reliquats de côtes. Elles répondent bien à leur fonction de point d’attache de puissants muscles du  tronc (psoas, carré des lombes, transverse et spinaux)

Au niveau des apophyses articulaires supérieures les facettes articulaires regardent en arrière et en dedans, au niveau des apophyses articulaires inférieures en avant et en dehors. Les articulations, sagittales au niveau de D12-L1 deviennent de plus en plus frontales et même carrément frontale au niveau L5-S1.

Chaque nerf rachidien sort du canal vertébral par un « trou de conjugaison » limité en avant par le disque intervertébral et en arrière par l’articulation inter-apophysaire. C’est dans cet orifice étroit qu’il peut éventuellement être comprimé par la migration du noyau du disque adjacent quand il y a hernie discale (une sciatique apparaît alors).

Dans cette région se surajoutent  les ligaments ilio-lombaires joignant les apophyses transverses à la crête iliaque correspondante. Ils participent à la stabilisation de L4-L5 et limitent l’inclinaison latérale à ce niveau.

Le plateau sacré est incliné en avant (à la lordose lombaire fait suite la cyphose sacrée).

L’aspect cunéiforme de L4 et de L5 ainsi que du disque L5-S1 rétablit le redressement de la colonne. Cet aspect en « toboggan » pourrait faciliter le glissement de L5 sur le sacrum mais les apophyses articulaires situées dans un plan presque frontal empêchent ce mouvement.

Dynamique articulaire

La colonne lombaire est une unité fonctionnelle très précise. Les facettes articulaires sont de véritables guides de la mobilité des vertèbres.

 Leur aspect indique que l’extension est favorisée depuis le passage à l’état de bipède. Pourtant, dans l’extension, mouvement en convergence articulaire étant donné la lordose, les apophyses articulaires inférieures viennent comprimer leurs homologues supérieures de la vertèbre inférieure. Le ligament commun vertébral est mis sous tension. Le noyau du disque est refoulé vers  l’avant. Les apophyses épineuses entrent en contact.

Dans la flexion, mouvement en divergence articulaire, les surfaces articulaires des apophyses articulaires ont tendance à se dégager. Le ligament commun vertébral postérieur est tendu au maximum ainsi que les ligaments inter étages. Cela limite les mouvements de flexion mais lors du redressement, nous avons vu que les forces appliquées étaient plus importantes et à ce moment la « solidité » des appuis  s’en trouve diminuée. C’est à ce moment là que peuvent apparaître des lésions comme le lumbago. De plus le disque prend alors une forme de coin à base postérieure, le noyau migre vers l’arrière et appuie sur les fibres de l’anneau fibreux et même sur le ligament commun postérieur. Il peut alors soit faire hernie dans le canal rachidien et comprimer des éléments de la moelle épinière soit, au niveau des trous de conjugaison, comprimer l’émergence des nerfs rachidiens en particulier le sciatique.

Les amplitudes de flexion-extension de la colonne lombaire sont variables selon les individus et suivant l’âge :

-l’extension accompagnée d’une hyperlordose lombaire  a une amplitude de 30°

– la flexion accompagnée d’un redressement de la lordose lombaire  a une amplitude de 40°

Dans la flexion latérale le disque devient cunéiforme et le noyau se déplace latéralement du côté convexe, les ligaments inter-transversaires de ce coté se tendent. Les mouvements sont limités au niveau L4-L5 par les ligaments ilio-lombaires.

Dans la rotation. Par construction des différents étages d’apophyses articulaires, deux vertèbres lombaires adjacentes ne vont pas tourner exactement sur le même axe. Il s’ensuit qu’au niveau du disque apparaît une composante en cisaillement (comme des piles d’assiettes mal emboîtées). Cela limite beaucoup la torsion  à ce niveau, chaque vertèbre stabilise au niveau des apophyses articulaires la vertèbre sus jacente ; Les mouvements de rotation ne  peuvent atteindre qu’une amplitude  de 1° de chaque côté à chaque  niveau de L1 à L5.

3/ La région dorsale

 C’est le plus long segment du rachis. Elle est convexe en arrière, le sommet de la flèche se trouve en D6 ou D7. C’est une région de cyphose entre deux lordoses, D1 et D12 sont les vertèbres  de transition. Sur les vertèbres dorsales  s’insèrent les côtes qui forment la cage thoracique.

A/ aspect.

Les corps vertébraux

La  vertèbre dorsale est de forme cylindrique,  à sa partie postéro-dorsale on observe une facette articulaire costale. A certains niveaux il en existe deux sur une même vertèbre. Le disque fait un sixième du corps, il est proportionnellement moins épais que dans  les lombaires. De ce fait les mouvements de flexion extension sont plus limités.

Les lames vertébrales sont plus hautes que  larges et sont inclinées en tuile de toit.

Les apophyses articulaires

Sur le bord supérieur des lames se trouvent les apophyses articulaires supérieures qui regardent en arrière, un peu en haut et en dehors.

A la partie inférieure des lames se trouvent les apophyses articulaires inférieures qui regardent en avant, un peu en bas et en dedans.

Les apophyses épineuses et transverses

Les épineuses sont volumineuses et longues (sauf en D11 et D12), très inclinées vers le bas. Leur rencontre limite les mouvements d’hyper-extension.

Les transverses sont plus longues dans les dorsales hautes donc il y a peu de flexion latérale à ce niveau ; à la face antérieure se trouve la facette articulaire costale qui correspond à la tubérosité costale.

Cas particulier de la 12° vertèbre dorsale qui est une transition avec le rachis lombaire.

Dans sa partie supérieure, en particulier pour ce qui concerne les apophyses articulaires supérieures, elle est de type dorsal.

Dans sa partie inférieure elle est de type lombaire et les apophyses articulaires inférieures de ce fait n’autorisent qu’une rotation limitée.

Par contre, l’apophyse épineuse courte permet une bonne extension.

Donc entre D12 et L1 il y a une bonne flexion-extension, une bonne inclinaison latérale et peu de rotation.

Entre D11 et D12 il y a une bonne flexion extension, une bonne inclinaison latérale et aussi une bonne rotation car  à ce niveau n’existent plus les contraintes dues au thorax.

B/ dynamique articulaire

Extension

Le rachis dorsal est le moins mobile des éléments de la colonne, en particulier dans l’extension. Pourtant ,  « en travaillant de façon appropriée pour développer l’ élasticité de composants articulaires du thorax, il autorise des mouvements en extension qui inversent la courbure » Dominique Martin

C’est le cas dans la posture de l’arc mais il faut que la courbure de la colonne reste harmonieuse et bien  répartie sur chaque vertèbre.

Un autre élément assure les possibilités de mobilité dans les dorsales : en effet  toutes les vertèbres n’ont pas le même niveau de contrainte.

De D1 à D7 les côtes sont reliées directement au sternum

De D8 à  D10  les fausses côtes sont reliées entre elles puis au sternum

De  D11 à D12 les côtes flottantes sont libres

Il est donc possible d’atteindre un niveau d’extension qui se limite seulement lors du contact des apophyses épineuses, les côtes étant alors déployées et le thorax ouvert.

Flexion

On retrouve le même mécanisme au niveau du disque  que celui observé au niveau lombaire, l’espace intervertébral augmente en arrière et le noyau migre un peu vers l’arrière. Les ligaments postérieurs limitent le mouvement  cependant la répétition de mouvement en flexion ou même une attitude constante en flexion finit par générer un certain degré de gibbosité.

Inclinaison latérale.

Ce sont les facettes des articulations inter apophysaires qui guident le mouvement dont la limite se produit lors de la butée osseuse des apophyses articulaires du côté fermé et lors de la tension maximale des ligaments d’étage  à étage du coté ouvert ;

Rotation

L’amplitude à ce niveau est trois fois supérieure à celle du niveau lombaire.

57 rotation lombaire 58 dorsale 59 cervicale

 Par construction les apophyses articulaires peuvent tourner à chaque étage sur un cercle dont le centre est le même que le centre de la vertèbre. Il n’y a donc plus de composante de cisaillement comme au niveau lombaire et la torsion du disque en est très facilitée. Cependant au niveau des vertèbres où s’insèrent les côtes le mouvement est freiné. Il garde tout de même une certaine amplitude du fait que les côtes acceptent de se déformer légèrement, en partie à cause de la souplesse du cartilage chondro- costal.

C/ les vertèbres dorsales et le thorax

Le thorax est constitué par

 En arrière les vertèbres dorsales

En avant le sternum

Latéralement les côtes

Le sternum est situé à la partie antérieure du thorax,  c’est un os plat, constitué d’un corps, le manubrium sternal, au dessus et de l’appendice xyphoïde au dessous. Le manubrium s’articule avec les clavicules et reçoit les cartilages costaux au niveau de sept échancrures.

La côte est un os plat, long et courbé. Par son extrémité postérieure elle s’articule avec le rachis dorsal par deux points : la tête de la côte s’articule sur le corps vertébral, et la tubérosité de la côte sur l’apophyse transverse. De nombreux ligaments renforcent ces articulations. Par son extrémité antérieure elle s’articule avec le sternum par l’intermédiaire d’un cartilage costal. On distingue les côtes vraies attachées su le sternum, les fausses côtes sur le 7ème cartilage et les côtes flottantes qui sont libres ;

Mécanisme articulaire : la côte pivote autour d’un axe qui passe par les deux articulations.

Les côtes supérieures lors de l’inspire vont en avant et en haut, c’est le diamètre antéro-postérieur qui augmente le plus

Les côtes inférieures vont en dehors et en haut, c’est le diamètre latéral qui augmente le plus

A l’expiration l’abaissement vers la position initiale se fait passivement.

Le sternum se déplace en haut et en avant lors de l’inspire, les cartilages costaux suivent le même mouvement et leur élasticité leur permet de subir une torsion sur eux-mêmes. Ils transmettent cette torsion aux côtes en agissant comme une barre de torsion. A l’expire l’élasticité de la structure permet le retour à la phase initiale. Physiologiquement  c’est bien l’inspire qui est le temps actif de la respiration, le retour est due essentiellement à l’élasticité pulmonaire ;

Les mouvements du thorax et de la colonne dorsale sont étroitement liés.

4/ la région cervicale

Entre le thorax et la tête, c’est la région la plus mobile du rachis. Région de lordose à convexité antérieure comme la colonne lombaire. Elle est d’autant plus lordosée que la colonne dorsale est cyphosée. Chaque grande région de la colonne  a un rôle propre. Le cou est une voie de passage et un socle pour la tête.

Il présente deux  régions : la partie inférieure de C3 à C7 et la partie supérieure de C1à C2.

A/ aspect

1/ de C3 à C7

/La vertèbre cervicale est petite et de forme rectangulaire, la faible hauteur du disque favorise la mobilité. Son plateau supérieur se relève de chaque côté formant ainsi les apophyses unciformes. Son plateau inférieur a une forme adaptée pour permettre l’encastrement des vertèbres entre elles. Cette surface en selle permet surtout les mouvements de flexion-extension mais les inclinaisons latérales sont ainsi limitées. Les disques font  un tiers du corps de la vertèbre, ils sont épais ceci favorisant la mobilité.

/Les apophyses articulaires

Les facettes articulaires supérieures regardent en haut et en arrière, les inférieures en bas et en avant. Leur plan fait un angle de 45° avec la verticale, de ce fait l’inclinaison latérale  se combine aisément avec les rotations.

/Les apophyses transverses

Elles présentent deux racines entre lesquelles se forme le trou transversaire (sauf en C7) par lequel passe l’artère vertébrale qui irrigue l’encéphale postérieur.

Le nerf rachidien cervical sort du canal rachidien par le trou de conjugaison et croise l’artère vertébrale en passant dans une petite gouttière de l’apophyse transverse. Les apophyses transverses limitent l’inclinaison latérale par leur contact.

/Les apophyses épineuses

De longueur variable, courtes en région moyenne (ce qui facilite le mouvement) et longues en C6-C7, elles limitent par leur contact les extensions.

2 /C1et C2

C1 c’est l’atlas, véritable socle pour la tête. C’est un anneau osseux. Il n’y a pas à proprement parler de corps vertébral, ni d’apophyse épineuse mais un arc antérieur et un arc postérieur. Les masses latérales sont flanquées par les apophyses transverses. A ce niveau on retrouve un trou transversaire où passe l’artère vertébrale.

 La face supérieure des  masses latérales présente une surface articulaire concave dans les deux sens qui reçoit la surface articulaire convexe des condyles occipitaux situés à la base de l’occiput de chaque côté du trou occipital. Entre l’occiput et l’atlas existe une articulation à trois degrés de liberté (Kapandji) flexion-extension, inclinaison latérale, rotation axiale, le premier étant prédominant.

La face inférieure des masses latérales présente une surface articulaire avec l’axis.

Le ligament transverse de l’atlas est tendu d’une masse latérale à l’autre départageant ainsi deux secteurs : en avant se loge l’apophyses odontoide de l’axis en arrière passe la moelle épinière.

C2 c’est l’axis.

Comme D12 c’est une vertèbre de transition. Elle ressemble aux autres cervicales avec des particularités dans sa région supérieure.

D’une part l’apophyse odontoide, véritable pivot qui vient se loger dans la partie antérieure de l’atlas, d’autre part les surfaces articulaires situées sur le dessus du corps correspondantes à celles de la face inférieure de l’atlas.

Il n’y a pas de disque entre ces deux vertèbres, c’est une zone de grande mobilité articulaire car les surfaces articulaires sont ici convexes.

B/Les ligaments

  • dans la partie inférieure on trouve les mêmes que dans l’ensemble de la colonne, le ligament inter épineux est prolongé par le ligament cervical postérieur sur lequel s’insère le trapèze postérieur
  • dans la partie supérieure, en plus des ligaments habituels de la colonne, ils sont très nombreux et très puissants, tendus à la partie antérieure comme à la partie postérieure entre l’atlas et l’occiput, l’atlas et l’axis, l’axis et l’occiput.

C/ dynamique articulaire.

La colonne cervicale est au service de la tête et donc des organes des sens en particulier les yeux et les oreilles. Elle présente donc une grande liberté et vivacité.

  • dans la statique, quand le regard est à l’horizon, il s’agit alors d’un véritable équilibre c’est-à-dire  de gestion d’une situation de déséquilibre permanent du fait des surfaces articulaires convexes entre atlas et occiput. C’est le mouvement du « oui-oui ». Dans le sommeil, en position assise, quand la vigilance se relâche, les muscles de la nuque se détendent et ne contre balancent plus le poids de la tête, alors le menton ne tombe –t-il pas sur la poitrine ?
  • dans l’extension. La flèche de la lordose se situe vers C4, là où les apophyses épineuses sont les plus courtes. En dessous les apophyses épineuses viennent carrément en contact dans l’hyper-extension et elles présentent même une petite logette pour s’emboîter et se stabiliser. Dans les cervicales hautes c’est le mouvement du oui au niveau des condyles occipitaux. Le poids de la tête, tout en haut de la colonne, avec ses 4kilos, participe énormément  à l’extension dès que le regard monte vers le ciel.
  • Dans la flexion, le menton vient se poser sur le sternum en fin de course du fait de la bascule de la tête. Les apophyses articulaires sont moins en rapport et il existe une zone d’instabilité des appuis. Comme le lumbago peut apparaître au niveau lombaire,
  • ici peut apparaître le torticolis. En cas d’accident il peut se produire une rupture des ligaments antérieurs et même un accrochage des apophyses articulaires, ce qui est gravissime pour les structures nerveuses en présence.
  • inclinaisons latérales. Elles sont limitées du fait de la structure des plateaux des vertèbres par les apophyses unciformes et par les apophyses transverses épaisses qui entrent en contact. De plus du fait de l’inclinaison des apophyses articulaires il se produit en même temps que la flexion latérale une rotation –extension.
  • Les rotations.

Au niveau des vertèbres hautes  c’est le mouvement du « non-non », l’atlas tourne autour de l’apophyse odontoide de l’axis. Il existe un mouvement de translation et le centre de torsion peut parfois se situer un peu latéralement au centre des surfaces articulaires entre atlas et axis.

Au niveau des vertèbres basses par contre, les mouvements de rotation sont combinés aux mouvements de flexion latérale, ils accompagnent en tant que socle solide la fluidité des mouvements rotatoires de l’atlas sur l’axis.

Les facettes articulaires ne permettent ni la flexion pure ni l’inclinaison pure.

Les mouvements d’inclinaison dans le rachis inférieur sont compensés dans le rachis sous-occipital pour obtenir la rotation pure et vice versa (Kapandji).Les mouvements de rotation du rachis cervical inférieur sont compensés par le rachis sous occipital pour obtenir une inclinaison pure. Les muscles longs lancent le mouvement et les muscles locaux dits « muscles verniers » effacent les composantes indésirables.

Deuxième partie : MUSCLES ET POSTURES

Les muscles du tronc et du cou

Sur une coupe passant au niveau de l’abdomen on observe :

  • un groupe musculaire postérieur
  • un groupe musculaire latéral vertébral
  • un groupe de la paroi de l’abdomen

Ces 2 derniers groupes ont déjà été décrits antérieurement.(article sur le bassin)

Dans les muscles postérieurs on décrit 3 plans : profond, moyen et superficiel

Au niveau du plan profond : au niveau du dos et du cou.

Les spinaux :

Ils s’étendent du sacrum à la 2ème vertèbre cervicale. Ils sont situés dans les gouttières vertébrales de chaque côté des apophyses épineuses. Ils sont constitués d’un tractus médial et d’un tractus latéral.

  1 : le tractus médian : le plus profond

       a : un système longitudinal

Les muscles inter épineux vont d’une apophyse épineuse à l’autre, ils font l’extension. Les muscles inter transversaires vont d’une apophyse transverse à l’autre sur le même côté. Ils font la flexion latérale s’ils n’agissent que d’un côté.

b : un système oblique :

Les muscles transversaires épineux : ils sont formés de plusieurs faisceaux. Ils partent d’une apophyse transverse et se dirigent vers la ligne médiane à 1, 2, 3 ou 4 étages plus haut. Ils sont extenseurs s’ils sont stimulés des 2 côtés. Ils peuvent provoquer un redressement total de la colonne vertébrale. Ils sont rotateurs s’ils sont stimulés d’un seul côté.

c : au niveau de la tête, ces plans se continuent par les muscles suivants qui font partie des « muscles verniers » c’est-à-dire des ajusteurs des mouvements de la tête, ce sont : le petit droit postérieur, le grand droit postérieur, le petit oblique postérieur et le grand oblique postérieur.

   2 : le tractus latéral

Situé en dehors des muscles précédents, il naît d’une masse musculaire commune qui est attachée sur le sacrum et la partie postérieure des crêtes iliaques. Cette masse est en rapport étroit avec la solide aponévrose lombaire.

      a : le long dorsal, le plus interne, il se termine sur les apophyses transverses des vertèbres dorsales et sur    les côtes. Il a un rôle de redressement de la cage thoracique.

      b :l’ilio costal ou sacro lombaire : Il se présente comme un grand pont à 3 arches. Il va de la masse commune à C3. La partie moyenne s’insère sur toutes les côtes. Il redresse la cage thoracique.

      c : au niveau du cou, on décrit toujours dans la partie postérieure : le muscle splénius du cou, le muscle splénius de la tête et l’angulaire de l’omoplate.

Tous ces muscles contribuent à l’extension s’ils agissent des 2 côtés, à la flexion latérale et à la rotation s’ils agissent d’un seul côté.

   3 : Dans un plan plus superficiel :

       a : le muscle épi épineux : Il coiffe les apophyses épineuses de D1 à L2. Il est extenseur du dos et réduit sa voussure.

        b : le grand complexus : Il va des apophyses épineuses de C7 à D1 et des transverses de C4 à D4 jusqu’à la base de l’occiput. S’il agit des 2 côtés il fait l’extension de la tête sur le cou. S’il agit d’un seul côté et que les cervicales sont le point fixe il participe à la flexion latérale et à la rotation.

Chaque élément vertébral par le jeu de toutes ses fibres est solidaire de l’ensemble de la colonne. Chaque contracture qui se produit à un étage se répercute d’une part à l’étage supérieur et inférieur et d’autre part d’un groupe à un autre de proche en proche. La stabilisation de la base, la colonne lombaire sur le bassin est indispensable pour permettre à l’ensemble d’ériger le rachis dans la position verticale. D’après G. Bordier «  les spinaux agissent comme une longue main dont la paume est plaquée contre les reins et dont les 4 digitations symétriques et accolées soutiennent le dos et la nuque. »

L’auto grandissement du tronc se fait par le jeu réciproque de ces muscles profonds postérieurs et celui des antérieurs, le psoas à l’étage lombaire  et le long du cou à l’étage cervical.

Au niveau du plan moyen  on trouve

le petit dentelé postérieur et supérieur : de C7 à D3 il va jusqu’aux 5 premières côtes, il est élévateur des côtes

le petit dentelé postérieur et inférieur de D12 à L2 il va jusqu’aux 4 dernières côtes, il abaisse les côtes

le rhomboïde : de C7 à D4 jusqu’à l’omoplate

Au niveau du plan superficiel

le grand dorsal : il naît sur les apophyses épineuses de D7 à L5, sur la crête sacrée, la crête iliaque, les 4 dernières côtes. Il forme une nappe épaisse qui recouvre la partie postérieure et latérale du tronc. Il se termine en dedans de l’humérus à sa partie haute. S’il agit des 2 côtés, il est sustentateur du dos, il fait l’extension dorso lombaire

le trapèze : Il est constitué de 3 faisceaux, supérieur, moyen et inférieur. Il naît de D10 à la base de l’occiput. S’il agit des 2 côtés à la fois il fait l’extension de la colonne cervico dorsale. S’il agit d’un seul côté, il participe à l’extension de la tête et du cou, avec une inclinaison latérale du côté contracté et une rotation du côté opposé.

Muscles latéraux vertébraux profonds (paroi antérieure du dos)

A : le carré des lombes :

C’est un muscle court et épais qui présente tous les caractères d’un muscle fait pour la statique. Ses fibres ont 3 directions. Il s’insère sur la crête iliaque et va aux apophyses transverses des 5 vertèbres lombaires ainsi que sur la 12ème côte. Il soutient cette région très mobile entre le thorax et le bassin. Il participe à la flexion latérale du côté quand il se contracte si le bassin est le point fixe. Il élève l’hémibassin de ce côté si les côtes sont le point fixe.

1 psoas 4 iliaque 6 carré des lombes

B : le psoas iliaque :

L’origine du muscle psoas se fait sur les vertèbres de D12 à L5 en 2 plans. L’un naît sur la face latérale des corps vertébraux ainsi que sur les disques, l’autre sur les apophyses transversales. L’origine du muscle iliaque se fait sur la face interne de l’os iliaque. Les 2 muscles se rejoignent en descendant en bas et en dehors. Ils croisent le bord antérieur de l’os iliaque, comme une poulie, la force générée par la contraction du psoas iliaque s’en trouve augmentée. Il est séparé du bord de l’os par une bourse séreuse. Le tendon d’insertion du muscle se trouve sur le petit trochanter. Le psoas iliaque est comme la ligne de partage des eaux, c’est à la fois un muscle de la hanche : l’iliaque, et un muscle du tronc : le psoas.

Dans l’enfance lors de l’apprentissage de la station assise, puis debout, il est très conscientisé. Ensuite tout se passe comme s’il marchait sur un circuit automatique et on en perd la conscience (Ray Long). On peut la retrouver par la pratique, ceci permet d’approfondir les postures.

Action du psoas iliaque : Il assure la stabilité de la colonne lombaire et du bassin sur le fémur dans la station debout. Pour certains il est extenseur et lordosant dans sa partie psoas et il est fléchisseur dans sa partie iliaque. L’action conjuguée des 2 chefs musculaires participe au redressement de la colonne vertébrale ( G.Bordier). Pour d’autres c’est l’action synergique des psoas iliaques et des spinaux qui a un effet « redresseur » de la colonne vertébrale (B.Calais). Si le fémur est fixe, agissant des 2 côtés, il fait l’anteversion du bassin. Si le bassin est fixe, il fait la flexion des fémurs avec une adduction et une rotation externe légère ; C’est un fléchisseur du bassin sur la jambe. En position couchée si les 2 côtés agissent à la fois, il permet le redressement du tronc sur les jambes ou il fléchit les jambes sur le tronc.En position debout il fléchit la jambe sur le bassin en avant. C’est un muscle important de la marche. Enfin agissant d’un côté à la fois, il participe à la flexion latérale du côté où il se contracte, entraînant une rotation du côté opposé.

1234 diaphragme 12psoas 13carré des lombes

C : le pyramidal : il s’insère sur la face antérieure du sacrum et se dirige en bas et en dehors jusqu’à la face supérieure du grand trochanter. Si le fémur est fixe, agissant des 2 côtés à la fois, il fait une rétroversion du bassin, agissant d’un seul côté, il fait une rotation interne du bassin sur le fémur. Si le bassin est fixe, il fait une rotation externe, abduction flexion du fémur.

pyramidal en rouge brun

D : les muscles du périnée sont situés encore plus bas

  • l’ischio coccygien
  • l’élévateur de l’anus

Ils soutiennent le noyau fibreux central du périnée. Cette région est le plancher du caisson abdominal.

Muscles antérieurs et latéraux

A : Au niveau du cou

  • le long du cou (14) : il est constitué de 3 faisceaux insérés sur les cervicales. Quand les 2 muscles se contractent, ils redressent la lordose cervicale et peuvent la fléchir. Quand un seul côté se contracte, il participe à l’inclinaison latérale et à la rotation de la colonne.
  • D’autres muscles s’insèrent sur l’occiput et les cervicales, ils ajustent les mouvements de la tête.
  • Les muscles scalènes ( 17,20,23): Ils prolongent en quelque sorte la musculature intercostale. Ils ont une action dans la respiration, ils élèvent les 1ère et 2ème côtes et donc la cage thoracique, surtout si la tête est en extension. Travaillant d’un seul côté ils participent à l’inclinaison latérale. Ils sont au nombre de 3 : scalène antérieur, moyen et postérieur.
  • D’autres muscles antérieurs sus et sous hyoïdiens participent dans le plan superficiel à la flexion du cou.
  • Les sterno cléido mastoïdiens : Ils relient le crâne au sternum et à la clavicule. Ce muscle naît par 2 faisceaux au niveau du sternum et sur la clavicule. Il se dirige en haut et en dehors et s’insère sur l’apophyse mastoïde et sur l’occipital. Agissant d’un seul côté, il incline la tête et lui fait faire une rotation en extension du côté opposé à la contraction. Si les 2 côtés se contractent, il élève le sternum et la partie interne de la clavicule quand le crâne est le point fixe. Si le thorax est le point fixe il participe à l’extension de la tête.

B : Au niveau du thorax : il s’agit des muscles

  • intercostaux internes, leurs fibres sont obliques en bas et en arrière
  • intercostaux externes, leurs fibres sont obliques en bas et en avant
  • surcostaux, situés au niveau des angles costaux postérieurs, d’une apophyse transverse à la côte sous jacente.
  • Le muscle triangulaire du sternum, se situe à la face postérieure du sternum et de l’appendice xyphoïde jusqu’au 2ème et 6ème cartilages costaux. Il est expirateur.
coupe thoracique

Cet ensemble permet les mouvements de la cage thoracique. D’une part ils agissent dans la respiration, les scalènes mettant en mouvement la 1ère et 2ème côte, le mouvement se transmettant ensuite à tout le caisson thoracique de proche en proche. Leur action est inspiratrice pour les uns et expiratrice pour les autres.D’autre part ils ont une action dans les mouvements du tronc, en particulier dans les torsions. Il faut remarquer que la direction des fibres musculaires dans le caisson thoracique est similaire à celle des abdominaux dans le caisson abdominal. Ceci est bien visible sur le plan du travail des chaînes musculaires.

C : le diaphragme, situé au niveau de l’interface entre thorax et abdomen.

parois supérieure (diaphragme) et inférieure(périnée) du caisson abdominal

Il est situé à l’union des 1/3 supérieur et 2/3 inférieurs du tronc. C’est un muscle plat en forme de coupole qui descend beaucoup plus bas en arrière qu’en avant. Il présente une partie centrale tendineuse et une partie périphérique musculaire divisée en 3 portions suivant les régions où elles s’attachent.

  • une portion sternale : les fibres s’attachent en avant sur l’appendice xyphoïde.
  • Une portion costale : les fibres s’attachent sur les cartilages costaux de la 7ème à la 12ème côte et s’engrènent avec celle du transverse de l’abdomen.
  • Une portion vertébrale : ou piliers du diaphragme. Les fibres s’attachent sur les corps des vertèbres lombaires de la 1ère à la 4ème à droite et de la 1ère à la 3ème à gauche pour les piliers internes. Quant aux piliers externes, ils naissent de 2 arcades, l’arcade du psoas  et l’arcade du carré des lombes.

Le diaphragme laisse passer de nombreux éléments comme l’aorte, l’œsophage, la veine cave inférieure. Le cœur et le poumon reposent sur sa face supérieure. A la face inférieure se trouvent le foie l’estomac et la rate, les capsules surrénales et le pôle supérieur des reins.

le diaphragme vue d’en haut à gauche (voyez comme il monte haut)

Le diaphragme est le principal muscle inspirateur. En se contractant il provoque un abaissement du centre phrénique. De ce fait le volume thoracique augmente verticalement. C’est ce qui se passe dans la respiration normale. La pression négative intra pulmonaire provoquant un appel d’air. A un certain degré d’abaissement, le centre phrénique devient un point fixe. Les fibres musculaires rayonnées à partir du centre deviennent élévatrices des côtes. Les fibres des piliers redressent la 2ème et la 3ème vertèbre lombaire. C’est ce qui se passe lors d’inspirations plus profondes. Ceci se répète en moyenne 20 000 fois par jour…. A l’expire le retour se fait grâce à la qualité élastique du tissu pulmonaire.

D : Au niveau de l’abdomen : (déjà vu antérieurement)

Les abdominaux : le transverse, le grand et le petit oblique, le grand droit.

  • le muscle transverse est le plus profond. Il s’insère sur les 5 vertèbres lombaires sur leurs apophyses transverses, sur la face profonde des 7 dernières côtes et sur l’arcade fémorale.
  • Le petit oblique naît sur l’arcade fémorale, la crête iliaque, l’aponévrose lombaire. Il se termine sur les 4 dernières côtes et le sternum en haut et sur la ligne blanche en avant. Ses fibres sont obliques de bas en haut et d’arrière en avant.
  • Le grand oblique naît sur l’arcade fémorale, la crête iliaque. Il se termine sur la ligne blanche, du pubis au sternum. Ses fibres sont obliques de bas en haut et d’avant en arrière.
  • Le grand droit est médian et antérieur, à fibres longitudinales. Il va du pubis au sternum et aux 5ème, 6ème et 7ème côtes.
1 transverse 2petit oblique 3 grand oblique 4grands droits

Ils forment la plus grande partie du caisson abdominal, tonique et élastique.

Ils ont plusieurs rôles, contention des organes abdominaux, respiration (ils sont expirateurs), locomoteurs du tronc. Les grands droits participent à la flexion du thorax sur le bassin, ou du bassin sur le thorax. Les obliques ont une action dans les inclinaisons latérales et dans les torsions. Le transverse a une action surtout sur le caisson abdominal, il a peu d’action sur la mobilité du tronc.

Le bassin devant assurer la stabilité du tronc, les abdominaux ont tendance à attirer constamment le thorax vers le bas, ils ont une action lordosante alors que comme le suggère G.Bordier, ils devraient être vus comme « une main dont la paume s’appuie contre la paroi abdominale et dont les digitations rayonnent vers les côtes » en regard des spinaux sur la paroi postérieure. La contraction en élongation des abdominaux en fait le principal élévateur de la cage thoracique. L’intrication croisée des fibres du transverse et du grand droit entre l’ombilic et le pubis fait de ce lieu un point d’appui privilégié pour le redressement.

En fait il existe de nombreux relais entre les muscles et les groupes de muscles.

Applications dans la pratique

La colonne dans son ensemble

Un des premiers principes du yoga , c’est de privilégier dans la posture la place de la colonne vertébrale. Les membres se placent ensuite. De la découlent toutes les adaptations, chemin d’approche.

La colonne est le lieu stratégique par excellence, à la fois pilier de soutien et passage des énergies, système nerveux pour   les uns, chakra et système pranique pour les autres.

Bien qu’étant d’accord avec cela, tout se passe comme si  nous étions « oublieux » de ce fait fondamental, ou comme si  nous n’avions pas accès à la perception réelle de l’état de notre colonne vertébrale. Pour fonctionner au mieux, il est souhaitable qu’elle soit AXÉE et DEPLOYÉE. Même s’il existe des lésions comme une scoliose par exemple, lorsque les courbures de la colonne sont étirées en S allongé, les courbures de déviation de la scoliose sont atténuées.

AXÉE :

Quelle que soit la posture, debout, allongé ou assis, la mise dans l’axe de la colonne nécessite un bon placement et une solidité de la base, donc une connaissance claire du positionnement du bassin. Que ce soit dans le plan sagittal ou dans le plan frontal, si le bassin n’est pas placé au mieux de nos possibilités, la colonne lombaire placée directement  sur la colonne sacrée, ne peut pas s’envoler vers la bonne direction  et même on pourrait dire que si nous ne nous astreignons pas à placer le bassin dans les angulations requises par la posture, c’est comme si d’emblée nous nous mettions un verrou pour être plus sûr de ne pas y aller….

Nous avons vu que le bassin peut être une plaque tournante ou un obstacle pour le mouvement (cf article sur le bassin) et que ceci venait en grande partie du fait qu’il était gardé en otage par les jambes. Dés lors nous voyons que dans un premier temps il convient de trouver les adaptations nécessaires pour que le bassin ne soit plus tenu prisonnier et que l’essence même de la posture choisie puisse atteindre le centre, la colonne. Dans un second temps il s’agit de persévérer dans le travail sur les membres inférieurs et en particulier les pieds pour les amener au niveau de notre demande de liberté au niveau de la hanche.

DÉPLOYÉE :

La colonne vertébrale par son jeu de vertèbres et de disques, forme un tout qui dépend de chaque élément. Cette étroite dépendance fait que tout ce qui arrive à un étage se répercute de proche en proche sur le reste de l’édifice. Par exemple à une cyphose dorsale haute va correspondre l’adaptation d’une forte lordose cervicale.

Tout au long de la vie les courbures de la CV ne cessent d’évoluer. De l’enroulement du fœtus et du nouveau né, nous passons au redressement de la tête ( courbure cervicale) à la posture assise et debout ( courbure lombaire). Passe un temps d’équilibre des courbures, puis prenant de l’âge la colonne commence à se reployer. Nous pouvons donc travailler à redresser la situation à 2 niveaux. Dans un premier temps nous pouvons prendre conscience de notre « posture » habituelle et de tous les mécanismes qui nous sont offerts à chaque étage vers l’extension de colonne. Dans un second temps nous pouvons agir sur les grands « bras de levier » que sont les membres supérieurs pour aller vers plus d’expansion thoracique et de déploiement lombaire haut et dorsal, constituant ainsi un nouvel habit de muscle et de conscience qui va vers plus d’ouverture.

Le segment cervical est en rapport direct avec la tête. La tête est en équilibre lorsque le regard porte à l’horizontal.Tout se passe comme si la hauteur du regard induisait la mise en fonction des chaînes musculaires postérieures ou antérieures, d’ouverture ou de fermeture. Comme si notre nature profonde ou notre état d’esprit du moment favorisait le fonctionnement en ouverture ou en fermeture. C’est dire l’attention qui doit être portée à ce segment de colonne qui non seulement induit le sens du mouvement, mais encore vient par son mécanisme articulaire et musculaire confirmer l’ouverture de l’arc total de la colonne ou mettre un frein à son déploiement. Ceci se fait sentir jusque dans l’extrémité de la colonne, dans C1 et C2 qui ajustent les mouvements de la tête elle-même au niveau occipital. De la même façon qu’à l’autre extrémité, le bassin ajuste les mouvements du sacrum. De la même façon que le souffle a une incidence profonde sur notre évolution psychique et spirituelle, le mouvement physique imprime son sceau sur notre être profond.

Au total :

  • Dans les flexions, toutes les régions de la colonne participent presque trop aisément. Cette facilité est un piège à l ‘origine de la plupart des problèmes de dos. La pratique posturale doit nous permettre de bien le sentir et de ne pas en être victime.
  • Dans les extensions, il s’agit surtout d’une action privilégiée des lombaires et des cervicales. Cependant les dorsales peuvent aussi y participer beaucoup plus que nous le croyons. D’une part elles sont plus nombreuses et elles prennent chacune quelques degrés d’extension qui finissent par faire un total non négligeable, parce qu’étant liées aux côtes de façon différente, certaines ont une possibilité de mouvement supérieure aux autres. D’autre part l’articulation de la côte sur la vertèbre n’est pas quelque chose de figé, de plus la côte elle-même présente une certaine élasticité du fait de sa partie cartilagineuse qui l’attache sur le sternum. Tout ceci pour rappeler  que l’extension dans les dorsales, ça ne va pas de soi, mais c’est possible si on prend le temps de les « éduquer ». Elles pourront ainsi dans les posture d’extension poussée suivre harmonieusement la courbure des autres segments sans rester en restriction d’élasticité, sinon il se produit comme une « cassure » dans la courbure de la colonne du fait de la différence dans la mise en place de l’extension.
  • Dans les rotations ce sont surtout les régions cervicales et thoraciques qui entrent en jeu.

Les amplitudes de mouvement maximum sont les suivantes :

DANS LES FLEXIONS

Dans les flexions on peut observer 2 grands types de travail : la colonne peut se dérouler vertèbre par vertèbre ou la colonne peut se fléchir dans son ensemble en tournant autour de l ‘axe des hanches.

  1. L’enroulement déroulement vertèbre par vertèbre :

Il fait appel de proche en proche aux possibilités mécaniques dues à la construction même de la colonne vertébrale : une vertèbre, un disque. De ce fait les possibilités sont plus grandes entre chaque vertèbre dans la colonne lombaire et cervicale car la partie discale, élastique, est plus haute à ce niveau. Dans la région lombaire le mouvement est facilité en position debout par la pesanteur même du haut du corps. Dans la région dorsale, dont la cyphose est la tendance première, le mouvement rencontre une sorte de butée quand le thorax se met en fermeture. Dans la région cervicale le mouvement est facilité du fait même du  poids de la tête et de son placement en déséquilibre antérieur par rapport à la colonne. Le mouvement est freiné par contre du fait de l’existence des gros ligaments, ligament vertébral commun postérieur et ligament sus épineux qui sont de véritables freins pour la flexion. Ce travail de flexion fait prendre conscience du mouvement relatif de chaque élément dans son ensemble. Il permet un assouplissement segmentaire des éléments fibreux et musculaires. Il montre la limite de la flexion quand elle est faite de cette façon. Une fois utilisées toutes les possibilités d’élasticité des ligaments, il est impossible de progresser dans le mouvement

2 La flexion globale de la colonne :

Nous avons déjà vu que la flexion à ce niveau nécessite une prise de conscience du placement du bassin et un travail pour lever les freins qui limitent son mouvement en particulier au niveau des muscles ischio jambiers mais aussi au niveau sous jacent dans le triceps sural (mollet) et sus jacent dans le carré des lombes. L’hélice osseuse ne pouvant tourner librement, ischion vers le ciel, la colonne lombaire s’en trouve limitée dans sa flexion et tout le tronc se trouve empêché de faire le mouvement. Les flexions globales les plus profondes et harmonieuses se font lorsque la colonne entière est capable de rester dans son mouvement d’auto redressement malgré le mouvement et le jeu de la pesanteur, tous les freins au niveau des membres inférieurs ayant disparu. Le centre de gravité se déplaçant progressivement vers l’avant, le bassin est lâché successivement par les ischio-jambiers, les fibres postérieures du moyen fessier, le pyramidal, l’obturateur interne, le carré crural. Une bonne conscience du jeu réciproque soutien- redressement de la « main antérieure » constituée par les abdominaux et de la « main postérieure » constituée par les spinaux en particulier, permet au psoas iliaque de faire son mouvement pur de flexion sur des hanches libres. Cette action équilibrée protège fortement la colonne lombaire en particulier au niveau de L5- S1. Si les fessiers, ischio jambiers et abdominaux se contractent et résistent au recul du bassin et à l’adaptation de la structure par le biais d’un penché global en arrière du membre inférieur, le bassin s’en trouve bien placé et solide. Dés lors le redressement du dos devient possible grâce à l’épi épineux dont le point d’appui est à L3 (G. Bordier). Le jeu des muscles postérieurs du cou, grand complexus et splénius, s’en trouve libéré, les mouvements de la tête ne sont pas « subis » mais au contraire ils suivent directement ce qui est demandé par le dos. Le cou participe alors activement au bon placement de la colonne dorsale et la tête ne vient se poser qu’à la fin de la posture achevant ainsi le placement de la C.V. Nous voyons ainsi qu’il existe un travail élément par élément, mais aussi région par région, l’indépendance du dos étant fondamentale pour bien permettre la liberté du jeu respiratoire.

DANS LES EXTENSIONS :

Les extensions d’emblée se présentent comme un mouvement moins évident que les flexions. Le corps vient de l’enroulement du fœtus et du quatre pattes primitif. Il a déjà dû faire un effort de redressement.

Les postures en extension sont très variées. Elles peuvent se faire à 4 pattes, à genou, debout, en position allongée sur le dos ou sur le ventre, ou assise. Elles peuvent se faire en jouant contre la pesanteur ou avec la pesanteur. On voit donc facilement que les mécanismes mis en jeu sont très différents dans les unes et dans les autres.

Nous avons vu que les régions d’emblée les plus mobiles dans cette direction sont les régions lombaires et cervicales du fait de l’épaisseur des disques dans ces zones. Mais il existe des freins sectoriels et globaux. Malgré ces freins puissants d’emboîtement des apophyses épineuses qui mettent un terme mécanique à l’extension et les gros ligaments vertébraux, il y a des possibilités d’accident dans les postures poussées mal préparées. En dehors de ces cas, les postures d’extension sont toujours un grand bienfait pour l’organisme. Tout le travail consiste à trouver une courbure globale harmonieuse et une colonne vertébrale de plus en plus souple mais de plus en plus tonique et consciente pour qu’il n’y ait aucune rupture possible dans la courbure, cette rupture se traduisant par une compression au niveau d’un disque inter vertébral comme nous l’avons vu précédemment.

  1. : L’auto grandissement est le 1er pas :

Il est basé sur une diminution  des courbures de la C.V et donc sur le rapprochement de la face antérieure et de la face postérieure du corps. L’aponévrose lombaire, l’aponévrose  dorsale, le ligament cervical postérieur sont mis en tension. Dés lors ils peuvent servir de point fixe pour les muscles qui s’y insèrent, le bassin le thorax et le crâne étant ainsi stabilisés. C’est ce qui se passe dans le samasthiti.

tadasana ou samasthiti

– Au niveau lombaire :

Le carré des lombes par son système de fibres à triple direction, s’étire et agit sur le redressement de la colonne lombaire (comme les ischio jambiers et les jumeaux peuvent redresser le creux poplité en travaillant en synergie).Les spinaux, dans la partie inférieure de la cambrure, le faisceau lombaire du long dorsal qui va de l’os iliaque à L3, s’étire et participe au recul de L3. Dans la partie supérieure l’épi épineux, le long dorsal dans sa portion thoracique et le sacro lombaire, participent aussi au recul de L3.

Les muscles de la paroi antérieure se contractent volontairement et ceci d’autant mieux que, la colonne lombaire étant redressée, elle offre un appui stable au muscle abdominal transverse, créant un véritable gainage de l’abdomen. Le diaphragme se trouve modifié dans son positionnement et il participe à l’élévation du thorax

-Au niveau dorsal :

Le petit dentelé postéro supérieur et postéro inférieur en se contractant aident à redresser le dos. La chaîne croisée par le biais du grand oblique, du grand dentelé, du rhomboïde applique l’omoplate sur le grill costal ce qui le pousse en avant. Dés lors le déploiement est possible si l’ensemble de la structure est étirable, suffisamment élastique. Sinon c’est l’effet inverse qui se produit, la région dorsale commence à augmenter ses courbures et à se tasser.

2 .Les postures de structuration à 90°, flexions qui demandent  une extension de colonne :

Il s’agit des différentes postures qui amènent la colonne à 90° du plan des jambes.Il conviendrait de ne travailler les postures qui sont facilitées par la pesanteur que lorsque on est sûr de maîtriser ce qui va se passer, c’est-à-dire lorsque la conscience habite les axes et les degrés de courbure qu’on peut gérer. Le test étant d’être à l’aise dans le redressement de colonne lors de la prise de ces postures

3 . postures d’extension directe contre la pesanteur :

                 le cobra, la sauterelle

petit cobra
deviendra grand!!

               Dans cette direction de posture ce ne sont pas les possibilités mécaniques osseuses qui limitent la posture. A partir du socle du bassin stabilisé et confirmé par le poids des jambes, la colonne vertébrale s’élève sur la force des muscles spinaux. Nous assistons ici encore au jeu agonistes antagonistes.

 a / les agonistes entrent en action dans les trois couches et de haut en bas, de vertèbre en vertèbre et de région en région.

Sur une colonne étirée en S allongé dans un premier temps les épaules se dégagent sous l’action des muscles de la ceinture scapulaire, horizontaux (trapèzes, rhomboïdes –C7-D1, dentelés supérieurs C7-D3) couche n°3 .Les omoplates se verrouillent. Puis l’épi-épineux de D1 à L2, d’étage en étage, fait l’extension du dos (couche n°2). Ensuite le long dorsal de L2à L5, se contracte de proche en proche suivi de l’ilio-costal ou sacro-lombaire de L3 à la masse commune (base de la colonne) (couche n°1). Dans le même temps les muscles inter transversaires, inter épineux et transversaires épineux, encore plus profonds, seront mis en action d’étage en étage. Enfin les muscles du cou se contractent en assurant l’extension du cou et de la tête, muscles communs à toute la colonne vertébrale et muscles propres du cou (complexus et splénius). On peut avoir accès à la mise en jeu région par région. Dans la profondeur il s’agit  d’une musculature de régulation qui marche automatiquement.

b/ les antagonistes

Les muscles ont déjà à soulever le poids du corps à partir du sol et de plus, surtout dans la posture plus aboutie du cobra avec contre-appui sur les avant bras, il peut exister des résistances : au niveau du thorax, les côtes ne se déploient pas, au niveau du plexus solaire, les fascias gardent cet endroit en fermeture et empêchent globalement le thorax de se mettre en élévation, au niveau abdominal, le caisson abdominal avec les viscères ne se laisse pas étirer dans la profondeur, le psoas est serré et ne se laisse pas étirer. Autant de segments qui demandent à s’assouplir et à être conscientisés.

4 Postures où la pesanteur favorise le déploiement de la colonne sur une zone racine bien stabilisée.

Le poisson, le chameau, le pont.

a/ Le poisson

Cette posture demande un placement de l’hélice du bassin approchant de la verticale, avec une sensation de contact au sol tout à fait en avant des ischions, le bassin est en antéversion, ante flexion. Ensuite la colonne vertébrale se déploie sans aucun effort, le mouvement étant limité par les grands rubans ligamentaires. La tête affleure le sol passivement, la région dorsale est complètement déployée.

b/ Le chameau

Cette posture demande un socle solide au niveau des membres inférieurs, une ouverture du plis de l’aine avec un placement progressif d’un bassin stabilisé en auto grandissement, il rétroverse progressivement ouvrant peu à peu l’angle entre la cuisse et le tronc, évitant ainsi une antéversion non voulue qui amènerait une cambrure lombaire non choisie avec des conséquences fâcheuses au niveau des disques. Cette position de bassin favorise un bon étirement du droit antérieur du quadriceps.

Ensuite la colonne se déploie comme précédemment jusqu’à ses limites ligamentaires. Les mains se posent sur les talons, les bras se trouvent dans une position de simple rétropulsion, en effet la plus grande partie des forces venant du socle passent par les membres inférieurs, celles passant par les bras venant simplement compléter le déploiement de l’arc que fait la colonne, le cou et la tête trouvent alors leur position d’extension juste.

c/ Le pont (urdhva danhurasana)

Cette 3ème posture peut être prise par des chemins bien différents.

  • Dans la 1ère solution elle est prise à partir de la position debout sur un socle solide au niveau des membres inférieurs, un bassin stabilisé qui peu à peu permet un certain degré de rétroversion, le quadriceps s’étirant encore mieux, il se produit un dévers antérieur des membres inférieurs et le centre de gravité se déplace vers l’avant. C’est la tonicité et l’élasticité des chaînes antérieures des membres inférieurs qui permettent le démarrage de la posture et non une anté version du bassin qui porterait préjudice aux disques au niveau lombaire. L’extension de colonne se fait sur le même principe que précédemment, la force de la pesanteur jouant sur le déploiement de la colonne. La position particulière des bras en élévation, antépulsion, contribue largement à l’élévation du thorax et plus les bras sont bien étirés, plus vite le sol est atteint tout comme dans setubandhasana plus les jambes sont bien placées, plus vite on atteint le sol.
  • Dans la 2ème solution  la posture se monte à partir du sol. Le corps doit s’élever contre la pesanteur, ce qui fait dire souvent au pratiquant « qu’il n’a pas assez de force dans les bras ». Mais comme cela arrive souvent, c’est parce que sans le savoir nous avons placé des verrous qui empêchent de rentrer dans la posture et nous avons plutôt trop de résistances. Dans cette posture le corps repose sur les mains et sur les pieds. Dans le 1er temps, allongé au sol, jambes pliées, il convient déjà d’avoir la liberté d’épaules pour bien placer les bras, coudes au dessus de la tête, les mains sous les épaules, doigts pointés vers les pieds, de manière à pouvoir déployer le membre supérieur sans déperdition de force latérale. Autrement dit, la ceinture scapulaire, les omoplates, doivent pouvoir être stabilisées au même titre que la ceinture pelvienne et le bassin. Les bras devant  rester parallèles en particulier au niveau des coudes, cela implique un rapprochement des omoplates sans mouvement de sonnette externe exagéré, ce qui nécessite une tonicité des muscles rhomboïdes, angulaire de l’omoplate et trapèze. Dans un 2ème temps l’élévation du bassin se fait le plus souvent simplement. Un détail peut tout changer, c’est le placement de la tête au sol. Tout comme dans la posture sur la tête il convient de trouver la cambrure de colonne qui permet de poser juste le sommet du crâne. Si on reste en deçà de ce point lorsque les bras vont pousser le sol, la chaîne antérieure va se déployer incomplètement :

. Au niveau tronc :

Grand oblique, dentelé, rhomboïde.

. Au niveau du membre supérieur, on décrit une bretelle de relation avec la ceinture scapulaire, elle passe par le grand droit, le triangulaire du sternum, le petit pectoral.

Cet ensemble fait lien entre la face antérieure et la face postérieure du corps. Pour ce qui concerne le bras ça passe par la stabilisation de l’omoplate et la chaîne d’extension dans le bras, le trapèze, les rhomboïdes, l’angulaire de l’omoplate. Ça se passe sur l’arrière. Pour ce qui concerne le tronc, ça passe par le rhomboïde, le dentelé, le grand oblique. Ça passe par le côté et ça vient sur l’avant. Le rhomboïde fait le point de rencontre.

Il n’est pas rare d’observer le ventre qui se déploie, qui fait « gros ventre » et les bras alors ne peuvent plus aller plus loin. Il se produit comme un bourrage à ce niveau, la force déployée s’enkyste pour ainsi dire et ne peut gagner la partie inférieure du tronc. Ceci se passe d’autant plus que 2 muscles abdominaux sont directement concernés, en particulier les grands droits qui par leur contraction rapprochent le thorax de la symphyse pubienne. Il se produit alors ce fameux tassement, accentuation de courbure, dû à la chaîne qui se met alors à travailler en sens inverse si la structure myofasciale n’est pas disponible pour l’étirement.

Dans le cas contraire, si les bras ont pu se déployer, il est possible comme dans le chien tête en bas, de monter sur la pointe des pieds pour donner un crédit de longueur à toute la chaîne, affirmer la connection entre le haut et le bas du tronc, la force qui vient des bras et celle qui vient des jambes, en étirant les muscles des cuisses vers le haut et en contractant sur les expires, en étirant la musculature postérieure dans la région sacrée, comme le propose Iyengar, « jusqu’à ce que l’abdomen soit tendu comme un tambour » ce qui fait dire à Ray Long que le caisson abdominal fait alors une sorte d’airbag protecteur pour la colonne.

Donc au lieu d’avoir gros ventre avec des abdominaux non étirés et donc un grand danger pour les lombaires qui sont tassées avec une cambrure accentuée, on a ventre plat, étiré comme un tambour, courbure harmonieuse étirée et effet airbag sur les abdominaux.

Souvent on n’entend pas l’indication « contracte le ventre » ou on ne sait pas comment faire. Une façon d’aider la connection peut consister à expirer en pensant à vouloir faire udhyaha bandha, expirer et avaler le ventre en fin d’expire bien que ça ne soit pas vraiment la posture habituelle où nous le faisons…..

/ Relation membre supérieur-tronc :

. Dans la posture aboutie quand les forces s’équilibrent sur la face antérieure et la face postérieure du corps, l’aspect sustentateur des grands dorsaux réapparaît. Le grand dorsal participant à la relation entre le bras et le tronc : bassin colonne lombaire, colonne dorsale, ceinture scapulaire. Si l’épaule est fixe, il fait l’extension de la colonne vertébrale dorso lombaire. Le grand pectoral par ses insertions sur la gaine des grands droits et sur le sternum fait relais entre les abdominaux et le bras.

Ces 2 muscles ont des fibres radiaires sur leurs tendons d’insertion sur l’humérus. Cette disposition hélicoïdale est accentuée et quand la posture se déploie il se fait une détorsion des fibres qui participe à l’élasticité et au déploiement.

/ Au niveau du bras :

La partie postérieure du Deltoïde se contracte, étend le bras. Elle étire la partie antérieure du deltoïde, le biceps et le grand pectoral.

Le triceps se contracte dans l’effort de poussée, il étire le coude. La longue portion du triceps tourne l’omoplate en l’élevant, augmentant le contact entre la tête de l’humérus et la cavité glénoïde. Faisant un certain degrés de sonnette externe, elle amène l’acromion vers la ligne médiane. Ceci aide à éviter la rencontre de la tête humérale avec le dessous de l’acromion. La bourse séreuse entre la tête et l’acromion n’est alors pas écrasée. Ceci montre bien le rôle de rotule des omoplates, la stabilisation des omoplates ne se fait pas ainsi au même niveau que celui où on les stabilise d’habitude

(sonnette interne, bords parallèles, rhomboïdes contractés). Ici les omoplates sont plus écartées du fait du jeu entre les rhomboïdes et les grands dentelés. Les rhomboïdes se contractent alors qu’ils sont en étirement partiel, tout se passe comme si la stabilisation ne se faisait pas avec les omoplates horizontales et les bras verticaux, mais comme si l’omoplate s’étirait elle aussi dans la longueur du membre supérieur comme ajoutant un 4ème segment à ce bras télescopique. Ceci se produisant dans les mouvements qui amènent le bras au dessus de la tête. L’épine de l’omoplate prend la même direction que les 3 autres segments.(dessins)

Il semblerait que suivant le chemin d’accès des bras, levés par les côtés ou levés par devant, ou les coudes levés directement ou placés d’abord sur le côté puis verticalisés, l’omoplate ne soit pas située de la même façon. Elle le fait en sonnette interne dans le 1er cas et en sonnette externe dans le 2ème.

L’élévation du bras par-dessus la tête et le mouvement d’adduction des coudes demande une rotation externe de bras. Une faiblesse du sous épineux (rotateur de la coiffe) diminue la rotation externe du bras et rend donc difficile le bon positionnement du bras.

2ème possibilité d’accident (incident ?) dans le pont, le tendon du sous épineux peut être comprimé entre l’acromion et la tête de l’humérus s’il n’y a pas assez de rotation externe dans l’humérus et si l’omoplate n’est pas suffisamment en rotation interne ( inwardly rotating scapula). Le sous scapulaire étriqué limite la rotation externe des bras et donc ne facilite pas la prise de cette posture.

Les postures en extension font appel à des concepts extrêmement différents. Le tableau suivant peut nous aider à approfondir notre réflexion sur les multiples voies d’abord.

LES INCLINAISONS LATERALES :

Ces inclinaisons sont souvent utilisées avec un mouvement de flexion ou d’extension du fait que les chaînes musculaires antérieures et postérieures sont sollicitées.

Les inclinaisons pures du tronc demandent de stabiliser le bassin pour ne pas « profiter » de la mobilité des hanches, mais au contraire pour enrouler le mouvement autour d’un point situé beaucoup plus haut. Ensuite, pratiquées dans un plan strictement latéral, elles permettent d’assouplir tout le flanc par le biais d’un étirement thoracique. Les côtes donnent alors l’impression de s’empiler du côté du penché et de se déployer de l’autre. Par contre au niveau de la colonne cervicale, le mouvement se fait en inclinaison extension, la tête regardant vers le ciel, du fait de la constitution des vertèbres elles même. Le mouvement du membre supérieur, faisant bras de levier, accentue encore la flexion. Les muscles intercostaux sont ainsi sollicités dans les deux sens, compression, extension. Dans une inclinaison à droite, le petit oblique droit fait une flexion enroulement, le grand oblique gauche ramène le thorax dans le plan latéral. Au retour le petit oblique gauche et le grand oblique gauche ramènent dans l’axe.

Dans le yoga irano égyptien le travail systématique en dynamique, respiratoire et contraction avec différentes positions de bras, permet de tonifier les chaînes croisées antérieures et postérieures et de mettre en place dans la proprioception le plan latéral et l’axe médian. Ceci permet d’acquérir un socle de qualité pour toutes les postures en déploiement ou reploiement comme les triangles, le héros ou les torsions assises par exemple car le corps perçoit de plus en plus précisément le moment où il quitte le plan ou l’axe. Il ajuste constamment les forces en jeu pour ramener en bonne place la colonne dans toutes les circonstances.

LES TORSIONS :

Remarques générales : Il s’agit d’un mouvement en rotation d’une ceinture par rapport à l’autre. Ce mouvement se répartit sur chaque vertèbre. Suivant les postures, la ceinture pelvienne ou scapulaires peuvent être choisies comme socle, dans tous les cas elles doivent être vraiment stabilisées pour que le mouvement puisse se déployer. Lorsque le bassin est bien stable, la musculature est sollicitée de bas en haut sur ses 3 couches. Les chaînes musculaires croisées étant préférentiellement sollicitées dans ce type de posture, ce sont les fibres obliques du torse et du cou qui vont donner le mouvement spiralé en déploiement ou en reploiement.

Si la rotation se fait vers la gauche on assiste à une contraction à part égale de la musculature antérieure droite et postérieure gauche. Par exemple dans la posture du chandelier, paumes regardant en avant on peut observer un contre appui en conscience, la paume de la main droite appuie sur l’air en avant, le dos de la main gauche appuie sur l’air en arrière, les 2 bras restant BIEN en ligne. On peut pour ce faire se visualiser comme si on se regardait par en dessus pour bien observer le jeu des 2 ceintures et des bras. Si le travail de la musculature postérieure l’emporte, on assiste à une propulsion vers l’extension. Si le travail de la musculature antérieure l’emporte on assiste à un mouvement vers la flexion.

Le travail en torsion, en position assise, fixe mieux le bassin et permet de voir de façon précise le mouvement qui revient aux muscles du tronc et ce qui est facilité par les muscles des hanches. Il permet de travailler précisément les muscles les plus profonds en particulier le transversaire épineux. On dit souvent que pour travailler les torsions assises il convient de préparer la posture avec des torsions debout et des torsions couchées. Ces torsions faisant travailler en déploiement, elles étirent les fibres musculaires, tendineuses et les fascias. Ayant été étirées, les fibres musculaires sont plus aptes à travailler en reploiement vers le centre.

Nous avons vu que du coccyx au vertex on peut observer une torsion qui avoisine 90° : les lombaires permettant 5° de mouvement de chaque côté, les dorsales 35° et les cervicales 45° à 50°.

Nous avons vu aussi les possibilités de torsion aux différents niveaux :

       – L3 a un plateau horizontal qui permet quelques degrés de rotation.

       – De T12 à L1 il y a peu de rotation du fait qu’il s’agit d’une vertèbre de transition.

 – De T11 à T12 il y a une charnière rotatoire importante qui risque d’être sur  sollicitée. Dans les autres dorsales l’élasticité des côtes permet aussi la torsion. A ce niveau la torsion se combine facilement à un mouvement en enroulement en flexion comme si on voulait esquiver une chute. Il faut donc une sorte «  d’éducation » musculaire pour éliminer cette composante.

      – Dans les cervicales basses les mouvements de flexion latérale sont souvent intriqués avec des mouvements  de rotation en extension du fait de la constitution des vertèbres.Dans les cervicales hautes C1 sur C2 se fait le mouvement du « non-non »

On a pu dire que le système des chaînes droites agissait comme une contention souple et que à partir de là, la torsion peut s’exprimer. On peut alors considérer qu’il existe 3 niveaux d’indépendance entre la tête et le tronc.

1er degré : indépendance maximum, le tronc effectuant un mouvement, le cou et la tête étant totalement libre.

2ème degré : indépendance partielle, le mouvement du tronc ou des membres influence la colonne cervicale jusqu’au niveau de C3.

3ème degré : absence d’indépendance. Tout le cou et la tête suivent l’évolution générale du reste de la colonne.

Ceci explique les positions de tête « subies » dans la pratique, alors qu’une tête placée dans un lieu CHOISI aide à parfaire le mouvement global.

Torsions debout : 2 approches

On peut distinguer la torsion où la tête participe au mouvement et celle où elle reste dans l’axe comme dans le yoga irano égyptien.

  1. La tête reste dans l’axe :

On se place en Y renversé, en faisant un petit pas. Un contre appui s’établit entre les 2  pieds, le pied avant pousse vers l’avant, le pied arrière pousse vers l’arrière à pression égale, ceci fait naître une 3ème force vers le haut. Ce mouvement permet de placer et de stabiliser le bassin dans la verticalité et la colonne lombaire dans l’auto redressement. Si le bassin n’est pas stabilisé, la torsion ne peut pas se faire.

torsion égyptienne debout

La tête et donc le regard sont stabilisés dans le même axe que le bassin. La colonne est étirée entre sacrum et occiput. C’est la tarière de la ceinture scapulaire qui fait tourner le manchon musculaire autour de l’axe central fixe. Elle fait tourner les grandes nappes musculaires les plus superficielles à pression égale sur l’avant et sur l’arrière du corps.

. En arrière : dans la couche la plus superficielle, les trapèzes et les grands dorsaux, dans la couche moyenne, les dentelés et rhomboïdes, dans la couche profonde, les spinaux avec les muscles qui travaillent d’une région à l’autre ou ceux qui travaillent localement.

. En avant : dans les abdominaux la force musculaire passe du petit au grand oblique, du bas vers le haut, d’un côté à l’autre et de la profondeur à la surface, dans un mouvement de déploiement, en excentrique. Le mouvement se transmet dans les fibres intercostales obliques au niveau du thorax, ainsi qu’aux pectoraux en avant et sur le côté et en arrière avec le grand dentelé qui s’équilibre avec le rhomboïde pour stabiliser l’omoplate. Le dialogue s’établit d’étage en étage et d’une face à l’autre. Par exemple, le grand dorsal gauche va « donner » au pectoral droit si on fait une torsion vers la gauche, c’est-à-dire avec un pied gauche en avant.

Le psoas iliaque, muscle du « partage des eaux » montre ici sa pleine fonction de stabilité au niveau de l’os iliaque, l’élan du psoas maintenant la colonne lombaire dans un mouvement d’extension. Le disque entre L3 et L4 se trouvant bien à l’horizontale, même si la colonne lombaire n’a pas une forte possibilité de rotation, elle a une action qualitative fondamentale dans le placement de l’ensemble. Elle lance le mouvement dans le bon axe, comme le socle d’une toupie. Le mouvement le plus intense à partir du bas se faisant entre D12 et D11, lieu dont il ne faut pas abuser. (de même il existe une possibilité de sur sollicitation dans les extensions au niveau L5 S1 et L4 L5 ).

Le mouvement se fait comme celui d’un vortex en dispersion vers le haut sur le plan musculaire. Toutefois comme il se fait des 2 côtés, il sollicite la colonne dans les 2 sens, comme un mouvement de tourne vis qui enfonce une vis, ou qui la fait ressortir.

La conscience étant dans l’épaule gauche qui recule, le bras droit n’est autorisé à avancer que d’autant que le bras gauche peut reculer. Mettre la conscience dans l’épaule qui recule permet de rester dans l’extension et le redressement, alors que mettre la conscience dans le bras qui avance fait entrer dans ce qui se voit, dans le désir d’aller plus loin et fait passer dans l’enroulement et la fermeture. Mieux vaut pousser du centre, voire même ici du côté opposé que de tracter.

Les vertèbres sont stabilisées dans la même position que dans celle du samasthiti, en auto redressement. Il n’y a pas de pincement discal possible ni d’écrasement d’émergence des racines rachidiennes, du sciatique en particulier.

Finalement la vertèbre et le disque vont être mobilisés de la périphérie vers la profondeur par des plus grands « bras de levier », les contraintes en torsion peuvent se faire plus doucement  sur des vertèbres placée dans l’axe. Elles seront pressées comme un os est pressé quand le muscle qui s’y insère se contracte.

2 -La tête suit le mouvement global de la colonne :

Le bassin NORMALEMENT doit être bien stabilisé sinon l’articulation de la hanche ne demande qu’à participer au mouvement ainsi que les sacro iliaques. Ceci a peu de chance d’arriver avec la position asymétrique des membres inférieurs avec un pas en avant, en opposition. Toute la colonne entre dans le mouvement de torsion, la colonne cervicale participe au mouvement avec sa note d’extension automatique qui se met facilement en place. Le regard participant à la torsion, l’occiput, l’atlas et l’axis viennent compléter le mouvement et l’approfondir. Le mouvement va de bas en haut, mais il part du centre vers la périphérie, comme un mouvement « d’essorage »  qui est certes très bénéfique pour les organes abdominaux, mais qui implique un mouvement de torsion et une composante de tassement au niveau des disques dont on a vu la composition par couches spiralées successives, de plus en plus obliques et verticales vers le centre. Une trop forte compression est défavorable alors qu’ une sorte d’équivalent de contraction du disque peut lui être bénéfique. Ensuite peu à peu le mouvement se propage vers le haut et les bras se placent suivant leur degré de liberté.Ici c’est le centre qui entre en action et fait entrer en mouvement la périphérie. Il convient d’être très vigilant pour ne pas solliciter trop fortement des zones qui chez certains sont fragilisées.

Les torsions debout, tronc à l’horizontale :

Nous pouvons observer comment s’installe la torsion dans les 2 propositions suivantes :

Les pieds sont écartés, le tronc est à l’horizontale en auto redressement, les bras sont en croix, stabilisés sur un bâton. La tête et le cou restent perpendiculaires au bâton pendant le mouvement. La torsion s’installe progressivement par le mouvement des bras et gagne vers le bassin, socle stabilisé de la posture. Certes nous allons « beaucoup moins loin » mais le mouvement se fait dans l’axe si la musculature de l’auto redressement est tonique.

Dans la même posture, portant les bras en élévation sur un inspire, nous fléchissons sur un expire, le mouvement se fait de bas en haut par rotation enroulement successif. S’il existe une zone de fragilité, il convient de ne pratiquer cette posture que lorsque la musculature de soutien est apte à compenser les effets de la pesanteur. Toutefois on observe souvent que ce mouvement permet d’aller plus loin. C’est en partie pour cela que les postures en torsion n’ont pas très bonne presse chez les kinés.

Il s’agit d’un travail différent dans les 2 postures, dans l’une la progression se fait de la périphérie vers le socle, dans l’autre du socle vers la périphérie.

                 Dans la posture du triangle latéral et du triangle en torsion nous en avons une exemplaire illustration car elle fait appel à de nombreux éléments qui entrent dans le jeux harmonieux des chaînes musculaires.

  1. chaîne cinétique  fermée, chaîne cinétique ouverte

-fermée : ces postures nécessitent des membres inférieurs souples et toniques, autrement dit contractiles et élastiques. Les muscles bien préparés permettent en particulier aux ischio-jambiers d’être prêts donc de ne plus tracter abusivement l’hélice inférieure du bassin. Celui ci peut alors offrir un socle stable au jaillissement de la colonne vertébrale. Le bassin étant placé dans les meilleurs axes possibles, penché latéralement mais avec une flexion antérieure minimum pour le triangle latéral, gardé dans ses axes (avant-arrière, haut-bas, droit-gauche)pour le triangle en torsion. Lorsque le bas du tube tuteur est solide du fait de la présence équilibrée dans la chaîne postérieure( fessier, carré des lombes, partie basse des spinaux) et dans la chaîne antérieure( abdominaux) le psoas iliaque est sollicité et permet de retrouver un jaillissement permettant à ces postures d’être sans appui au niveau des bras (même si la main est posée, elle ne tient en rien la posture).Elles sont alors vraiment portées par la solidité du socle (membres inférieurs et bassin) et la fluidité du souffle.

-la chaîne cinétique ouverte peut alors se permettre de jouer à plein son rôle proprioceptif d’exploration de l’espace avec un déploiement approprié des chaînes musculaires des bras suivant la variation choisie (bras étirés dans la ligne des épaules, un bras dans le prolongement du tronc, les bras en chandelier ou les deux bras étirés dans l’axe du tronc mains jointes)

Ici encore, comme dans les postures à 90° il est nécessaire que chaque maillon de la chaîne soit placé plutôt dans le sens de l’ouverture, la colonne pouvant alors s’étirer dans un S plus aéré et allongé. La respiration large, ample, inaudible peut alors s’installer et porter encore plus légèrement cette posture stable.

Suivant le tonus musculaire de chaque pratiquant le tronc peut se permettre d’explorer des angles qui se rapprochent de plus en plus des 90° et au mieux de passer du chandelier latéral au chandelier en torsion

  • le placement du bassin permet les bons points d’appui pour le placement de la colonne

la flexion du bassin sur les jambes met au travail le psoas iliaque. Dans le triangle latéral le psoas travaille le plus, dans le triangle en torsion c’est l’iliaque.

Dans le triangle en torsion le moyen fessier de la jambe postérieure par la contraction de ses fibres antérieures assure une meilleure rotation interne du fémur et permet de stabiliser la posture (comme dans les postures d’équilibre d’ailleurs). Cela donne la sensation de mieux tourner le bassin, de ne pas le laisser être tiraillé par la  jambe postérieure. Le pectinée, qui a un trajet parallèle avec le tendon du psoas iliaque aide celui ci à parfaire la flexion du bassin en avant.    L’activité des deux pectinées permet de stimuler l’adduction des deux fémurs et d’équilibrer à 50/50 les forces qui viennent du sol sur les deux bassins.

Le grand fessier dans le triangle latéral est étiré, du fait de la flexion latérale du bassin, au niveau  de ses fibres moyennes. Il étire le maillon inférieur, la longue portion du biceps (ischio-jambier) et le triceps sural sur sa partie externe. Le membre inférieur s’en trouve étiré dans son ensemble. Le quadriceps, activement contracté dans le triangle latéral, étire le creux poplité. Dans le même temps il aurait tendance à fléchir la hanche par le biais de l’insertion du droit antérieur sur l’épine iliaque antéro inférieure. La confirmation de l’appui du talon de la jambe postérieure affirme encore l’étirement du triceps sural.

Le petit et le grand oblique aident par leur action couplée en diagonale à tourner le tronc dans ce même triangle latéral. Les rhomboïdes aident à fixer les omoplates, leurs  bords internes se parallélisent et se rapprochent. Ceci permet une meilleure ouverture du thorax. Le grand dentelé dialogue avec le rhomboïde. Ils naissent tous les deux du bord interne de l’omoplate. Les fibres du rhomboïde vont en dedans sur les apophyses épineuses de C7 à D4. Les fibres du dentelé s’enroulent elles en dehors et en avant et s’attachent sur les dix premières cotes.  Le travail équilibré de ces deux muscles stabilise la ceinture scapulaire et ouvre le thorax. Si l’équilibre n’est pas atteint il se produit des déviations au niveau des dorsales hautes et il s’ensuit tout un jeu de placements compensatoires du cou et de la tête. Le sus-épineux et la partie moyenne du deltoïde permettent l’abduction des bras et stabilisent ceux-ci au niveau de l’articulation gléno-humérale.

Tout ceci étant bien établi dans la fermeté, la conscience peut se poser sur le psoas-iliaque et un élan naître dans les lombaires. Remontant d’étage en étage par le biais des chaînes, la force monte plus haut dans les spinaux en arrière et les abdominaux en avant en particulier dans les grands droits qui repoussent la cage thoracique à partir du bas et dans les grands obliques qui soulèvent encore les côtes sur lesquelles elles s’insèrent. Les pectoraux et les grands dorsaux entrent aussitôt en action. Les derniers par leur effet sustentateur poussent le bas du dos encore plus vers le haut et ouvrent encore plus le thorax.

La stabilité ainsi acquise permet à une respiration longue, ample, fluide, inaudible de se mettre en place. Sur les inspires le déploiement s’accroît permettant d’habiter la posture jusqu’au bout des doigts de la main et du pied, jusqu’au bout des chaînes. Dans ces régions se trouvent des points énergétiques importants.

L’écoute du centre du mandala dans les postures permet d’équilibrer les forces ainsi déployées en inspire dans toutes les directions et de les recentrer sur les expires.                                                                                             

Les torsions couchées :

Le corps a ici la référence du sol.

  • Dans les torsions où le socle se situe au niveau des épaules, comme dans la série des «  crocodiles » sur le dos, suivant la façon dont sont placés les membres inférieurs différentes hauteurs de vertèbres sont sollicitées. Il s’agit d’une véritable séance d’auto manipulation.
  • Dans les torsions où le socle est situé au niveau de la ceinture pelvienne, le bassin est placé sur le champ, la torsion se place en ouvrant progressivement la ceinture scapulaire. Pour ajuster au mieux la posture il est utile de contracter la musculature postérieure agoniste, et la musculature antérieure antagoniste, successivement et de sentir le déploiement jusque dans le bout des doigts de manière à sentir que ce « bras de levier » sollicite à partie égale les 2 musculatures. Sinon, on voit souvent le moignon de l’épaule se soulever, et la posture ne peut plus progresser.

           Les torsions assises :

Elles permettent de stabiliser au mieux le bassin. 

Les chaînes musculaires se croisent toutes au niveau du diaphragme.Les chaînes postérieures croisent dans la zone des piliers postérieurs, les chaînes antérieures dans la foliole antérieure et les chaînes croisées dans les folioles latérales. Le diaphragme est au cœur de notre système viscéral. Il sépare efficacement le caisson aérique du caisson hydrique, mais il laisse passer toutes les informations possibles.  Concrètement  c’est une voie de passage des gros tuyaux. Du haut vers le bas, aorte, du bas vers le haut  veine cave inférieure. Il joue le rôle de pompe activatrice dans la circulation. Il laisse passer l’œsophage avec tous les aliments. De façon plus fine il règle la respiration et les tensions musculaires. De façon subtile il peut se figer peu à peu sous le flot de nos émotions , de nos graisses excessives et de notre non mouvement. En fait  s’il prête trop main forte au système des chaînes musculaires, il n’est plus aussi disponible pour sa fonction respiratoire.

Le muscle doit donc rester tonique et élastique, au cœur de la posture. Il doit rester bien axé par rapport aux différents éléments du caisson abdominal. Sa composante de pression sur le bas du caisson, bassin-périnée, doit rester dans la bonne direction. Elle ne doit pas jouer comme un piston qui écrase tout mais comme une force qui trouve son point d’appui de qualité qui lui permet de rebondir. Ici les forces ont une direction qui suit l’obliquité même de la ligne innominée de l’os iliaque, le dessin de notre hélice à deux pâles. Elles rebondissent sur la paroi abdominale dans sa partie basse entre ombilic et pubis, là où le transverse, le plus profond, assure la meilleure contention élastique en « cravatant » les grands droits (les plus superficiels).

Les postures de reploiement, travail des chaînes musculaires croisées en fermeture, vont venir presser cette zone centrale dans tous les plans. Non seulement dans le plan frontal , dans le schéma de l’homme inscrit dans l’étoile de Léonard de Vinci, où les forces affluent des cinq directions mais aussi de tous les axes intermédiaires par les milliers de fibres musculaires. Elles affluent aussi dans l’épaisseur de notre corps dans le plan sagittal, même si nous avons plus de mal à la conscientiser du fait même que nous ne voyons pas ce qui se passe derrière du fait  qu’en principe nous n’avons pas d’yeux derrière la tête (quoique avec le regard intérieur…). Le sens même du mot « sagittal » ne donne-t-il pas l’aspect directionnel qui va comme un gant  avec notre physiologie de « léger déséquilibre antérieur »

On dit souvent « il est parti comme une flèche »

De façon encore plus cachée et plus profonde, nous sommes construits pour la verticalité, tel un vortex si nous avons la possibilité de bien axer notre colonne grâce à la bonne rampe de lancement d’un bassin bien placé.

En regardant de prêt la structure même de ces « spinaux » que souvent nous  sommes heureux de visionner dans leur globalité, nous voyons la finesse du mécanisme des muscles des apophyses transverses des vertèbres. De chaque vertèbre part un faisceau pour les 1ère, 2ème, 3ème et 4ème vertèbres sus jacentes. Ces fibres travaillent de bas en haut faisant l’extension de la vertèbre, de dedans en dehors faisant la flexion latérale, d’avant en arrière, faisant la rotation  vertébrale du côté opposé à la contraction.

Nous admirons la sobriété incisive de la série du yoga irano-égyptien avec son travail direct sur la colonne : extension, flexion sagittale, flexion latérale et torsion. Avec de plus sa présentation en dynamique, puis phase statique puis phase terminale en contraction centrée sur la zone entre pubis et nombril sur les expires. Les forces déployées diffusent harmonieusement à partir de ce centre dans tout le reste du corps au fur et à mesure de nos capacités d’apprentissage.

En fait en se référant aux trois directions, on pourrait dire : Ça étire   (ça se prépare), Ça pulse   (ça se met au travail) et Ça fuse    (ça part)

Comme l’eau dans la pompe à bras : Ça s’amorce, Ça s’active et Ça sort à flot

Ne parle-t-on pas de 12000 nadis ?

Une posture comme garudasana (posture de l’aigle, roi des oiseaux, véhicule de vishnu) montre bien l’idée d’enroulement spiralé qui démarre au niveau du pied pour aller jusqu’au bout des doigts mais dans le tronc la colonne reste de face, ceci évoque l’image du caducée, le serpent montant autour de l’axe.

On pourrait aussi évoquer la posture de maricyasana (I, II) dédiée au sage Maricy fils du créateur ou matsyendrasana (I,II,III) . Dans cette posture on donne à la colonne une torsion maximale, c’est pourquoi on  a souvent recommandé de la préparer en pratiquant une torsion debout et une torsion couchée.

Le nom de Matsyendra est donné à la forme divine du poisson qui entendit l’enseignement du Yoga que  Shiva donna à Parvati. C’est dans cette posture que la torsion maximale peut être donnée à la colonne vertébrale.

Cependant dans les torsions assises la colonne prend elle aussi le mouvement spiralé (les deux côtés devant être pratiqués impérativement pour faire une posture complète)

Quand nous voulons totalement essorer un linge, « le vider pour mieux le remplir », nous lui imprimons un mouvement de torsion harmonieuse et il se dessine un centre.Prenons l’exemple de la torsion assise Maricyasana I avec le schéma d’approche de base :

Bien placer le bassin, le socle dans la verticalité ou même avec un léger déséquilibre antérieur pour mieux permettre à la colonne de s’élancer vers le ciel et confirmer son placement par l’impact des jambes. En dégageant les muscles fessiers vers l’arrière on introduit comme une petite cale qui empêche le bassin de rouler en arrière et en s’asseyant sur le plis sous fessier on confirme la position avancée sur les ischions et la pression sur le lieu où les maillons de la chaîne se croisent. En fait on ne peut entrer en torsion que sur des vertèbres le plus « horizontalisées » possible, sur une colonne en S allongé, sinon ça tourne peu ou mal.

La jambe bien étirée au sol est le garant du bon maintien du bassin dans ses axes, la jambe pliée avec un tibia le plus possible perpendiculaire au sol confirme le bassin dans sa verticalité. Non seulement par le biais des pièces osseuses (membre inférieur plié en adduction, tibia perpendiculaire au sol avec un appui ferme du socle du pied). Mais aussi par le biais du jeu musculaire entre les rotateurs externes synergiques (pyramidal, carré crural) et rotateurs internes synergiques ( tenseur du fascia lata et fibres antérieures du moyen fessier), en effet en contractant les rotateurs internes on met en tension les externes dans cette posture. Ensuite  le travail d’auto redressement au niveau des spinaux et du carré des lombes et des abdominaux va se faire progressivement de bas en haut.

Les torsions font partie des mouvements asymétriques et les 2 côtés doivent être pratiqués.

Plus le mouvement est concentré sur l’axe du corps au niveau des membres inférieurs et des membres supérieurs comme dans la torsion assise en posture du pharaon, plus les muscles de la couche profonde sont seuls sollicités. Plus le mouvement se déploie comme dans un triangle en torsion, plus les muscles des 3 couches se mettent au travail.

On part du principe que tout ce qui est connu peut être contracté/décontracté de plus en plus précisément, spécialement dans les torsions où la progression se fait parfois seulement en intention et que tout ce qui est contracté/décontracté volontairement est de plus en plus conscientisé.

Bonne pratique

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